Un décès non constaté rapidement transforme un logement en local à risque biologique. Les fluides migrent sous les revêtements, imprègnent les supports poreux et alimentent une flore bactérienne qui persiste longtemps après l'enlèvement du corps. Les services funéraires ne prennent pas en charge cette partie : leur mission s'arrête à la personne défunte, pas au bâti.
La décontamination qui suit est une opération technique encadrée. Elle ne consiste pas à nettoyer, mais à ramener un volume à un état sanitaire vérifiable, puis à en fournir la preuve écrite — pour la famille, le bailleur, le syndic, le notaire ou l'assureur qui devront tous, à un moment, statuer sur l'état du bien.
Le premier appel : ce que nous demandons, et pourquoi
L'appel dure rarement plus de dix minutes. Nous cherchons à établir trois choses : le délai écoulé depuis le décès, la nature des revêtements au sol, et l'existence d'un accès indépendant. Ces trois données décident à elles seules du volume de dépose, du matériel embarqué et du nombre d'opérateurs.
Nous ne demandons jamais de détails sur les circonstances. Ce n'est ni notre rôle ni notre besoin. Si des photos peuvent être prises sans difficulté, elles évitent un déplacement de diagnostic ; si elles ne peuvent pas l'être, nous nous en passons.
À l'arrivée : confinement avant toute chose
Rien ne commence avant que la zone soit isolée. Les ouvertures communicantes sont obturées, un sas est monté à l'entrée, et un extracteur à filtration HEPA met le volume en légère dépression : l'air sort filtré, il n'entre pas dans le reste du bâtiment. Dans un immeuble, c'est cette étape qui protège les parties communes et les logements voisins.
Les véhicules utilisés ne portent aucune mention de l'activité. Le matériel est monté en une seule fois. Dans une copropriété, l'intervention se déroule le plus souvent en dehors des heures de passage, ce qui n'est pas une facilité commerciale mais une condition de discrétion.
Dépose, neutralisation, traitement des odeurs
Tout support poreux ayant été en contact est déposé et éliminé : moquette et sa thibaude, parquet flottant, plinthes, sommier, matelas. Un support poreux ne se désinfecte pas en profondeur — le prétendre serait mentir sur le résultat.
Les surfaces conservées reçoivent un traitement en deux temps : détergence pour éliminer la charge organique, puis désinfection avec un produit biocide homologué respectant le temps de contact indiqué sur sa fiche technique. Sauter la détergence rend la désinfection largement inopérante : la matière organique neutralise le principe actif avant qu'il n'agisse.
Les odeurs, elles, ne se masquent pas. Elles proviennent de composés volatils fixés dans les matériaux ; on les traite par extraction, par oxydation contrôlée en volume inoccupé, puis par ventilation prolongée. Un parfum d'ambiance appliqué sur une odeur non traitée revient en quarante-huit heures.
- Dépose et évacuation des supports poreux contaminés
- Détergence complète avant toute application biocide
- Désinfection avec respect strict du temps de contact
- Traitement des composés odorants par extraction puis oxydation
- Ventilation et contrôle avant restitution des lieux
Les déchets : une chaîne qui doit être traçable
Tout ce qui sort du logement et présente un risque infectieux relève des DASRI. Ces déchets suivent une filière dédiée, avec conditionnement normalisé, collecteur agréé et bordereau de suivi. Le bordereau n'est pas une formalité : c'est la seule pièce qui prouve que les déchets ont été détruits et non déposés en déchetterie.
Ce bordereau vous est remis. Il fait partie du dossier au même titre que le protocole appliqué.
Restitution et dossier
Les lieux sont restitués ventilés, secs et exploitables. Nous indiquons ce qui a été traité, ce qui a été déposé, et — c'est souvent le point le plus utile — ce qui relève encore de travaux de second œuvre à la charge du propriétaire : ragréage, reprise de peinture, remplacement de revêtement.
Le dossier remis comprend le protocole appliqué, les références des produits et leurs fiches de données de sécurité, l'inventaire des éléments évacués, les bordereaux DASRI et un procès-verbal de désinfection daté. C'est cette pièce que réclament les assureurs et les notaires.
